Le peau

Le peau

Mieux connaître l’émonctoire peau

Un article issu de Happyblue #1 (automne 2020).

J’ai toujours été fascinée par cet organe, le plus étendu de notre corps (2 m2) et le plus lourd. Au-delà de sa fonction organique, la peau a bien d’autres spécificités.

Le thème de la peau est tout à fait approprié suite aux deux mois d’été qui viennent de s’écouler. En effet, cette saison automnale est une période charnière pour la peau. Les rayons du soleil et la chaleur sont venus la déshydrater, la solliciter et elle a tout fait pour se protéger. Elle a cependant besoin des rayons du soleil pour se nettoyer : ils ont une fonction bactéricide sur elle.
C’est un organe vivant : elle assure la défense de l’organisme, régule la température interne grâce à sa grande vascularisation, et est en lien avec le système nerveux puisque innervée sur toute sa surface. Elle a une autre fonction, celle de respirer par les pores (respiration transcutanée) ; elle inspire l’oxygène et rejette le gaz carbonique. Elle capte l’énergie vitale (le prana, les ions négatifs, biotons...). Cette énergie vitale peut être captée par différents vecteurs : la peau en priorité, les yeux, le nez, les oreilles, les poumons et la bouche. La peau sécrète également des liquides via la transpiration.

C’est un organe impressionnant par sa constitution. Elle est formée de trois couches : l’épiderme, le derme et l’hypoderme. Dans chacune de ces couches se trouvent la couche basale ondulée (véritable glande endocrine), les glandes sébacées qui sécrètent un liquide riche en corps gras et les glandes sudoripares que l’on peut considérer comme un « troisième rein » avec ses 3 millions de glandes sudoripares qui sont en réalité des néphrons à elles seules.
La peau est un émonctoire polyvalent puisqu’elle regroupe la qualité des quatre émonctoires. La couche basale ondulée a les mêmes fonctions que les intestins et le foie ; les qualités des poumons, des intestins et du foie sont les mêmes que celle des glandes sébacées ; la qualité des reins est à comparer avec celle des glandes sudoripares.

En effet, chacune retraite les déchets cristalloïdaux (couche basale ondulée et glandes sudoripares) et colloïdaux (glandes sébacées).
En plus de sa fonction émonctorielle, elle a aussi une fonction réflexe : renvoi de l’influx nerveux via une zone réflexe de la peau vers un organe afin de stimuler ou de calmer la sécrétion ou la motricité de certains organes éliminateurs (c’est ce que nous appelons la réflexologie). Ceci ne peut se produire que si nos accus (petits sacs de réserves contenant de l’influx nerveux) sont remplis. Si ce n’est pas le cas, nous pouvons épuiser l’organisme encore plus.
Il est essentiel de bien prendre soin de votre peau afin qu’elle puisse exercer correctement ses différentes fonctions, notamment celle émonctorielle.

Comment bien prendre soin de notre peau ?

Il existe différents biais par lesquels nous pouvons prendre soin de notre peau. La principale, qui reste cohérente avec le principe de l’humorisme de la naturopathie est d’avoir une alimentation spécifique à notre physiologie. En effet, une alimentation à 80 % végétalienne est idéale pour maintenir un équilibre entre la qualité de nos entrées et la qualité de nos éliminations.
Si nos entrées sont plus importantes que nos sorties, nos émonctoires se surchargent créant une accumulation de déchets métaboliques dans nos tissus et entraînant un encrassement de nos humeurs (sang, lymphe, sérums entra et extracellulaire). Ceci conduit à un dysfonctionnement métabolique pouvant être la cause de maux et de maladies.
Pour équilibrer les entrées et les sorties, la peau utilise la transpiration via les glandes sudoripares qui éliminent le sodium, le chlore et les déchets azotés. C‘est à cause des déchets azotés que nous avons besoin de déodorant ! Une alimentation trop carnée et/ou trop azotée entraîne une sueur avec une odeur forte. Par sa surface, la peau est aussi intéressante que les reins en matière d’élimination et de nettoyage.
Les glandes sébacées régulent les liquides riches en corps gras car elle est en lien direct avec la lymphe.
Ces glandes permettent d’épurer la lymphe des déchets colloïdaux, comme le font le nez, la gorge, et les poumons. La peau utilisera ce biais pour maintenir une belle texture et éviter d’être desséchée. Cependant, lorsqu’il y a une accumulation de sébum, une sueur plutôt collante apparaît, ainsi que des problèmes de peau type acné purulente, furoncle, points noirs en excès, etc. Cette accumulation de sébum encrasse l’émonctoire peau et par voie de conséquence la lymphe.

Pour expulser ces déchets, la peau a recours à la transpiration, la sueur et/ou les peaux mortes (déchets cristaloïdaux) se trouvant à la surface de l’épiderme. Lorsque les déchets s’accumulent, il y a saturation au niveau des émonctoires peau et intestins. C’est ainsi que les maladies de peau peuvent apparaître.
Il est donc nécessaire de solliciter notre peau pour entre- tenir une belle qualité cutanée.

Comment solliciter notre peau ?

  • Le mouvement et la peau
    Par le mouvement, nous sollicitons la peau dans sa fonction de réflexe, de pompage, d’élimination et de recharge énergétique. Bien évidemment, lorsque je vous parle
    de mouvement, je vous parle plus particulièrement de biokinésie ! (voir p. 51 pour accéder aux trois vidéos). Le mouvement permet de l’étirer, de la contracter, de la faire transpirer.
  • Le sauna et le hammam
    Toutes techniques qui obligent notre peau à transpirer sont salutaires pour son nettoyage telles que le sport, le sauna, le hammam et les bains hypercaloriques. Cela lui permet d’ouvrir les vannes pour évacuer, dans un premier temps, les déchets situés à la surface logée dans la couche basale ondulée avant d’aller plus en profondeur par les glandes sébacées.
    Attention pour tout ce qui concerne les maladies de peau, référez-vous à votre médecin ou dermatologue ou tout praticien de santé.
  • Le gant de crin/brosse sèche
    Les peaux sensibles utiliseront le loufa plus doux que le gant de crin. L’intérêt de desquamer la peau est de faire partir les peaux mortes et de nettoyer notre aura (sur le plan énergétique). Le gant de crin facilite également la pénétration de l’énergie vitale par la peau. Cette pratique sollicite la microcirculation de la peau. Elle doit être douce sur les zones sensibles et plus appuyée sur les cuisses, notamment sur le haut des cuisses. Vous pouvez terminer le soin par une douche ou par une onction aux huiles essentielles notamment celle de lavande aux vertus douces et relaxantes.
  • Les massages
    Ils constituent une autre façon de stimuler la peau, en plus de solliciter la circulation sanguine et lymphatique, le système nerveux périphérique et de créer des connexions douces entre certaines parties de notre corps et notre système nerveux. Le massage est très indiqué pour les grands nerveux... malheureusement, ce sont eux qui les apprécient le moins ou qui ont l’impression de perdre leur temps ! Et oui « qu’est-ce que je risquerais à me faire du bien, à prendre soin de moi ou qu’une tierce personne s’occupe de moi ? Est-ce que je le mérite vraiment ? » Attention à ce que vous raconte votre mental pour rester maître de son jeu. Prendre conscience de son corps par le massage, le détendre, apaiser ses tensions, nous décale de notre continuel qui-vive.
  • Les bains d’air
    Les bains d’air stimulent la couche basale ondulée dans sa « digestion » puisqu’elle fonctionne comme un intestin et expulse les déchets notamment sous forme de peaux mortes (pellicules ou cales) ou les recycle pour combler les carences des vitamines, minéraux. Le bain d’air se pratique de préférence nue, soit dehors ou devant une fenêtre ouverte. Ce soin, en lien avec l’élément air, permet de capter l’énergie vitale, de détoxiner la peau via sa respiration libérée par l’absence de vêtement.
  • Les bains de soleil
    Le bain de soleil ou de lumière se pratique également nue, dehors ou devant une fenêtre fermée, devant un rayon de soleil qui inonde la pièce. Ce bain favorise la nutrition de la peau notamment par la fabrication, sous la peau, de la vitamine D à partir de certains corps gras grâce à la présence d’ultraviolet... d’où l’intérêt de profiter du soleil en été mais de façon intelligente et raisonnable.
  • La peau et l’eau
    L’élément eau est très bénéfique pour la peau. L’eau chaude lui permet d’activer son nettoyage par l’ouverture des pores et la vasodilatation des capillaires. Elle est très salutaire pour les tempéraments nerveux puisque calmante, alors qu’avec l’eau froide, c’est la tonicité de la peau que nous stimulons.
    Les alternances courtes eau chaude - eau froide sont réchauffantes.
  • La peau et l’élément terre
    Pour se reconnecter à la terre, se nettoyer des énergies usées, et pour une réflexologie plantaire naturelle, aller marcher pieds nus, dehors, le matin de préférence, est une excellente solution.
  • Soin de la peau
    Notre peau a un pH acide. Cette acidité stoppe les microbes au niveau de cette barrière. Un corps exposé à l’air libre et à la lumière est plus acide (pH à 4,5)1.

Symbolisme de la peau

J’aime aborder le thème du symbolisme des maux et des maladies car, selon moi, tous maux et maladies ne viennent pas uniquement d’un désordre interne. Aujourd’hui, de nombreuses personnes témoignent qu’en ayant pris conscience de la symbolique de leurs maux ceux-ci avait guéri.
La symbolique du corps, en lien avec les émotions, fait partie des quatre techniques majeures de la naturopathie. Pour moi en intégrant cette technique, je relie vrai- ment le corps-l’esprit-le cœur. Le process est le suivant : quand l’être vit une situation stressante, soit il peut la gérer en l’évacuant tout de suite soit il fuit, ne l’évacue pas et se crée une histoire autour de ce qu’il vient de vivre. Une croyance limitante vient de naître. Si ce stress est vécu de façon intense ou répétée, le corps va gérer ce stress en créant la maladie. Le corps n’agit que pour nous sauver !

La peau est la limite physique entre notre vie interne et notre vie externe. Cette limite définit notre individualité face au monde. Jacques Martel écrit dans son livre « Le grand dictionnaire des maux et des maladies » que l’état de la peau indique l’état de nos relations avec autrui. Quelles limites suis-je capable de poser ? Comment j’interagis avec le monde extérieur ? Quelles sont mes relations avec mon environnement social ?

La peau met en évidence tous les conflits que nous avons avec le monde extérieur : par exemple, la séparation ressentie par un bébé ou un enfant avec sa mère ou son père ; la séparation lors d’un deuil, d’un divorce, d’un déménagement, etc. Lorsque la séparation a été ressentie de façon intense par un individu ou de façon répétée et lancinante, le corps peut « révéler » ce blocage émotionnel par l’apparition d’un problème cutané comme un eczéma ou un psoriasis.

Sophie Roullet, naturopathe

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